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Basilique Notre-Dame de La Guerche

Publié le mercredi 3 décembre 2008, mis à jour le jeudi 8 janvier 2009

Chronologie :
Chapelle (XIIe), Collégiale (fondation en 1206), église paroissiale (1791), Basilique (1951)

Fondation de la collégiale :
C’est le 25 mars 1206 que Guillaume III de la Guerche-Pouancé fonde la collégiale de la Vierge Marie, dotée de 12 chanoines. Parmi les dignitaires, sont présents l’évêque de Rennes Pierre de Dinan ainsi que plusieurs supérieurs d’abbaye. L’acte de fondation est un texte régissant le droit des personnes et des biens afin d’éviter tout litige. Il s’agit à cette date d’une collégiale importante sur les Marches de Bretagne, située sur la paroisse de Rannée. La collégiale est entourée d’autres lieux de cultes, comme le prieuré saint Nicolas, la chapelle de la Trinité, l’oratoire saint Maimboeuf, la chapelle de la commanderie du Temple.
Le gisant qui se trouve dans la côtière nord du chœur est celui du fondateur, mort en 1223. Il est représenté en chevalier avec cotte de maille.

Etapes de construction :
La chapelle de la tour carrée, accolée au chœur, est très ancienne. Elle est de style roman et était probablement édifiée avant 1206. Elle comporte 2 portes d’origine, dont une hagioscopique. Le développement en collégiale ajoute une large nef (11m40) de près de 30 mètres de longueur.
Une pièce à 2 niveaux (sacristie-chantrerie et chapelle sainte Catherine) est ensuite accolée à la tour carrée.
Au début du XVe, le chœur a été agrandi par Jean I d’Alençon, époux de Marie de Bretagne. Il est le même que de nos jours, mis à part les verrières (1889). D’ailleurs, les 2 époux sont représentés dans une verrière du bas-côté sud.
Au début du XVIe est construit au bas-côté nord (2 travées) une chapelle sous l’impulsion de Marguerite d’Alençon, puis au sud un bas-côté abritant des verrières, pour certaines de la même époque. C’est à cette époque (1563) que les huguenots viennent à La Guerche et brûlent les archives de la collégiale.
De 1860 à 1865, est ajouté au nord un bas-côté ainsi qu’une nouvelle sacristie par l’architecte Nugues. Puis Arthur Régnault, grand bâtisseur et rénovateur d’églises dresse la façade occidentale ainsi qu’une flèche de 67 mètres de hauteur (1869 à 1875). De 1880 à 1892, Arthur Régnault continua de travailler avec passion à la décoration intérieure, unifiant la nef, le chœur, la chapelle du Sacré-Cœur…
Le XXe n’a pas apporté de modifications notables, si ce n’est des travaux de rénovation (toiture, électrification, horloge, sonorisation…) Classée M.H par arrêté du 15 novembre 1913.

Vie ecclésiastique au temps des chanoines :
Le terme de chanoine est apparu au XIe siècle pour désigner un ecclésiastique soumis à un Ordre de vie religieuse, celui des mendiants de l’Ordre de saint Augustin, prônant un apostolat en dehors du Chapitre, mais vivant en communauté.
La collégiale de La Guerche est un Chapitre de chanoines relevant de l’évêque. Chaque chanoine est titulaire d’une stalle à laquelle sont attribués des prébendes et mense capitulaire (revenus) en contrepartie des services religieux qu’il doit dans les chapelles et prieurés situés en dehors de la collégiale.
L’habit religieux du chanoine se reconnaissait à son chapeau noir à liseré rouge à 2 houppes.
Chaque chanoine est nommé par le seigneur lui-même ou par l’évêque. Le Chapitre avait un supérieur parmi ses chanoines, le chefcier. Pour la subsistance du chapitre, il était nommé un procureur ou trésorier qui percevait les revenus de la collégiale et les distribuait à ses confrères. Ensuite se trouve le grand-chantre, chargé spécialement de la direction des cérémonies. Enfin, un piqueur vérifiait la présence des chanoines au chœur. Ce dernier, inspecteur impitoyable, passait à chaque office avec son livre de contrôle, afin de noter (de piquer) les absents, étape nécessaire à la répartition des revenus. Deux autres chanoines, appelés députés, étaient missionnés pour représenter leurs droits auprès du pouvoir civil ou de l’autorité religieuse.
Cependant, les 12 chanoines n’étaient pas les seuls à pouvoir siéger dans le chœur. Des droits de stalles étaient laissés aux prêtres (souvent 2), ainsi qu’aux diacres et sous-diacres. C’est pourquoi il y avait 24 stalles hautes dont 6 ont aujourd’hui disparu.
La présence de prêtres s’explique par le fait que les chanoines, qui n’avaient pas le droit de remplir les fonctions curiales (baptêmes, mariages, sépultures), pouvaient toutefois confesser et administrer les derniers sacrements à leurs pénitents. Ce ministère était toujours fait gratuitement malgré la pauvreté du chapitre. Rares sont les chanoines qui ont un ministère de prêtrise ailleurs.
Très nombreuses ont été au cours des siècles les fondations de messes hautes ou basses ou d’obits. Les processions étaient aussi très fastueuses.
Jusqu’en 1777, les chanoines étaient enterrés à l’intérieur de la collégiale. De 1777 à la Révolution, ils furent inhumés derrière le chevet.

Autels et chapelles internes :
-1505 : chapelle sainte Anne : bas-côté nord
-1536 : chapelle d’Yves Mayeuc : bas-côté sud
-1537 : chapelle sainte Catherine : étage de la chantrerie
-1888 : chapelle du Sacré-Cœur : bas-côté sud
Autels de la Sainte Vierge, de saint Sébastien, de Toussaints, de sainte Apolline, sainte Avoye, de l’Ecce Homo.

Confréries et congrégations :
Les confréries sont des structures souvent professionnelles, mais aussi religieuses ou charitables, dont les membres, les fraires, sont liés jusqu’à la mort. Les congrégations sont elles uniquement religieuses.

La plus importante confrérie au sein de la collégiale est la confrérie de « Toussaints ». La première mention retrouvée aux archives départementales date de 1371, sous la forme d’une rente perpétuelle aux frères et sœurs de la frairie de Toussaints, par Gilles Georgeant (le sceau est de lys). Quelques années plus tard, en 1379, Bertrand Du Guesclin, connétable de France et seigneur de La Guerche est semble t-il affilié. La confrérie est maintenue et desservie par des revenus privés, parfois sous forme de rente annuelle. Nous en retrouvons quatre mentions au XVè siècle, onze au XVIè siècle, dix huit au XVIIè siècle. La confrérie de Toussaints avait, en 1693, 300 livres de rente annuelle fixe, sans compter les oblations. Cette confrérie restera active jusqu’à la Révolution.

1600 : fondation de la chapelle de la frairie du Saint Esprit
1828 : confrérie du « Cœur compatissant de Marie »
18/01/1832 : confrérie de « Notre-Dame du Mont-Carmel », érigée par Monseigneur Claude de Lesquen.
15/04/1858 : congrégation des « Enfants de Marie », fondée par l’abbé Fouré, curé de La Guerche et par sœur Saint-Urbain 1865 : Archiconfrérie de la « Garde d’honneur du sacré-cœur ». Cette association a vu le jour au monastère de la Visitation de Bourg-en-Bresse le 13 mars 1863. Le but poursuivi par l’association est l’adoration perpétuelle du Cœur de Jésus au Saint-Sacrement. Aujourd’hui encore, il est possible de s’inscrire auprès du secrétariat national de l’Archiconfrérie à Marseille et ainsi perpétuer, une heure par jour et par la pensée, l’action d’une bonne œuvre.

Stalles :
Les stalles étaient le mobilier le plus caractéristique des chœurs. Elles étaient donc traitées comme des objets de prestige.
Les stalles Renaissance de la collégiale ont été fabriquées dans le premier quart du XVe. Les stalles hautes étaient au nombre de 12 de chaque côté, sans compter les stalles basses. Aujourd’hui, il ne reste que 9 stalles hautes de chaque côté.
La qualité d’exécution est remarquable, tant pour les jouées que pour les dossiers. Les décors sont très variables, allant des péchés originels aux instruments de la Passion, en passant par des bassesses humaines.

Culte marial
Le culte marial est mentionné dès les origines au XIIe, puis à nouveau lors de la fondation de la collégiale en 1206. Le 25 mars (Incarnation) et le 15 août (Assomption) deviennent 2 fêtes importantes. La statue actuelle, en bois polychrome du XVIIe, ainsi que ses parures (couronnes et manteau) témoignent de l’attachement des Guerchais à son culte.

Texte réalisé avec le concours du Père Roger BLOT

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